Aux extrémités sud de la Nouvelle-Zélande

Après le Northland, me voilà sur l’île du sud (Southland). J’aimerais vous parler tout particulièrement de l’extrême sud de l’île qui m’a fortement impressionné.

Commençons par Milford sound.

Difficilement accessibles, ces fjords sont renversants. Le départ se fait à partir de Te Anau (le plus simple) ou de Queenstown (plaque tournante). Les flux touristiques semblent assez bien maîtrisés. Son recul géographique semble préserver les lieux d’un trafic incessant sur le canal menant à la mer de Tasmanie.

À Te Anau, nous ne pouvons pas dire qu’on s’éclate mais généralement il s’agit juste d’une escale avant de se rendre dans les fjords. Je me rappelle avoir fait une balade en vélo autour de son lac. Manque de chance pour moi, il a plu. En même temps, dans cette partie de la Nouvelle-Zélande, il pleut plus d’un jour sur deux alors si vous avez du beau temps, considérez-vous comme chanceux.

À Milford, départ des croisières, le décor est saisissant. Très souvent le mauvais temps accompagne votre visite des lieux. Vous braverez la pluie, le froid et le vent sur le pont de votre bateau pour admirer ces vertigineuses falaises. Ce Fjord est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Je peux rester des heures à vous parler de cet endroit mais je n’aurai plus assez de temps pour vous présenter Invercargill. Ville principale de l’extrémité sud de la Nouvelle-Zélande, elle est la dernière aire urbaine significative avant le Pôle Sud.

En me promenant le long de sa rue principale, j’ai pu ressentir un certain isolement. Ne cherchez pas à acheter quoi que ce soit passé 17 h 00, la ville s’endort. Il n’est pas évident d’ y croiser des kiwis. Vous pouvez toujours boire une Pitch black ou une Wasp (les bières locales) au Waxy O’Shea’s.

Son golf, situé en plein centre ville dans le Queens parc, est une de ses particularités. Deuxième sport national après le rugby, il vous suffit de traverser la rue pour améliorer votre swing. Voici un bon exemple de proximité pour le développement sportif.

À 30 km au sud vous arrivez à Bluff, ville mondiale du poker. EUH… erreur, ville mondialement connue pour son panneau.

Je ne me suis pas attardé dans ce port cherchant surtout à rejoindre l’île Steward (Rakiura en maori), à 1 heure de bateau et à 4780 km du Pôle Sud. Vous ne serez pas dérangés par la foule.

En entrant à Oban, l’unique village de l’île, une colonie de phoques vous attend régulièrement sur la plage en vous réservant une arrivée particulièrement bruyante.

Je suis resté 3 jours sur l’île à essayer de trouver une nouvelle fois un kiwi. Discrets et malins, leur rencontre est une véritable chasse au trésor. Il se peut que vous quittiez la Nouvelle-Zélande en n’ayant aperçu aucun de ces emblématiques oiseaux.

La virée en bateau de pêche est un incontournable de l’île. Je ne vous fais pas le portrait du pêcheur. Je vous laisse imaginer ce à quoi un marin du bout du monde peut ressembler. Une chose est sûre, ce mec connaît tous les recoins de l’océan. Il était capable de me dire avec exactitude si je vais attraper un poisson ou pas. En même temps, les environs de l’île en regorgent.

Une fois votre ligne à l’eau, préparez-vous au combat. Les attaques proviennent de toute part.

Les mouettes et les albatros se mettent à vous traquer. La concurrence est également rude avec les grands cormorans. Excellents plongeurs, ils peuvent atteindre trente mètres de profondeur et rester une minute sous l’eau. Vous, simple pêcheur muni de votre fil, pensez attraper un poisson au bout de votre hameçon.  En remontant la ligne, la résistance se fait de plus en plus dure et là, vous vous dites que vous êtes en train d’attraper du gros, et ça remonte et ça remonte. Sauf qu’une fois à la surface, votre poisson, il se met à voler.  Ce foutu cormoran le tient dans son bec. Et très souvent dans ces cas-là, c’est le plus malin qui gagne. À votre avis qui aura le poisson ?

Toutes ces épreuves traversées, la récompense est immense. Notre ami pêcheur du bout du monde se fait un plaisir de vous découper en filet votre butin pour le déguster comme il se doit le soir même.

Un vrai délice…

À vous