Le straddling bus : une idée chinoise, Pékin

Lors de ma visite en 2007, la ville était un véritable chantier. Les sites olympiques sortaient de terre un peu partout.

L’urbanisme de Pékin est régi par un schéma directeur pour 2020 et une stratégie de développement pour 2050.

Pour mener à bien son projet de modernisation de la ville, le gouvernement local a autorisé des destructions massives de «hutongs». Ce sont d’étroites allées (pas plus de 9 m de large), surtout du vieux Pékin, parsemées de «siheyuans» (habitations traditionnelles chinoises entourant une cour carrée). Elles ont une fonction d’échange, de lieu de vie et de résidence, véritable identité urbaine de Pékin.

Cette course à la modernisation a pu être possible grâce aux ressources financières importantes dégagées par la croissance chinoise. L’attribution des JO de 2008 a fait accélérer le renouvellement urbain.

Aujourd’hui encore, les promoteurs continuent de remplacer ces quartiers traditionnels par d’immenses tours et malls.

Même si dans la culture chinoise l’idée de rupture avec le bâti n’est pas choquante tant que la reconstruction à l’identique est possible, ce sont le patrimoine et l’âme de Pékin, vieux de plus de 7 siècles parfois, qui disparaissent.

Face aux nombreuses contestations d’intellectuels et de la population locale, le gouvernement rétorque que la forte croissance économique chinoise nécessite de profonds changements.

La circulation est un bon exemple de ce développement rapide. Elle est devenue un problème majeur pour Pékin. Selon l’indice IBM, la capitale chinoise est la ville la plus pénible pour les automobilistes à égalité avec Mexico et devant Johannesburg. Vous devez savoir que Pékin estla seule ville au monde qui compte 6 périphériques.

Tout ceci génère une importante pollution de l’air. Pour les JO, les autorités locales avaient mis en place une circulation alternée qui est toujours en vigueur.

Mais un projet de transport en commun innovant et très futuriste retient tout particulièrement mon attention : le straddling bus (en français le bus à califourchon ou chevauchant).

Straddling bus

Projet de straddling bus, Pékin Chine (photo par innovcity)

Élaboré par le groupe chinois Shenzhen Hashi Future Parking Equipment Co, ce nouveau type de transport, écologique et futuriste, permettra de chevaucher la route afin d’améliorer la mobilité des Pékinois.

Les travaux ont débuté fin 2010 dans le quartier de Mentougou à Pékin. Avec ses 4,5 mètres de haut sur 6 de large et ses deux étages, le Straddling bus pourra circuler sur des rails placés des deux côtés de la chaussée.

Le premier étage laissera passer les voitures jusqu’à une hauteur de deux mètres tandis que le deuxième sera réservé aux passagers. 1200 à 1400 personnes pourront monter et être transportées à l’étage.

Le bus fonctionne à l’énergie électrique, pas un mal pour une mégalopole aussi polluée que Pékin.

Une idée similaire avait été proposée pour le périphérique parisien dans le cadre de la consultation internationale «Le Grand Pari(s)».

À vous