Comme un clandestin, Argentine

Je suis à Buenos Aires en compagnie de mon amie Luciana. La finale de la Copa Libertadores a lieu dans deux jours. Ligue des champions sud-américaine, l’occasion est trop belle pour vivre le match entre Porto Alegre et Boca Junior.

Nous nous aventurons dans le quartier de La Boca. Le stade se trouve à proximité du Caminito. J’espère pouvoir y trouver des places.

Stade de la Boca

Stade de la Boca, Buenos Aires (photo par will-on-board)

Le match est sold out. Je me tourne vers les vendeurs à la sauvette. J’achète deux places.

Je me rends compte qu’elles sont fausses. Nous faisons demi-tour pour récupérer notre argent. L’individu a disparu et le quartier n’est pas bien rassurant.

Nous sommes suivis par deux adolescents. Dans une ruelle, ils me menacent avec deux flingues. Les choses vont très vite. Je ne fais pas le héros et donne tout.

Je suis officiellement sans papier en Argentine. Je n’ai plus de moyen de paiement, plus de caméra et plus de passeport.

Je décide pourtant de continuer mon périple avec l’aide de Luciana. Mes déplacements en ville ne posent aucun problème. On ne me demande jamais ma pièce d’identité.

Nous partons pour Iguazú et ses incroyables chutes d’eau.

Après de nombreuses heures de bus, nous arrivons à destination.

Chutes d'Iguazú

Chutes d’Iguazú, Argentine (photo par G. Métais)

Les chutes dégagent une telle énergie. L’endroit est grandiose. La chute « El garganta del diablo » est la plus impressionnante. Puissante et bruyante, elle vous laisse admiratif. Un bateau s’en approche, douche garantie.

Nous restons deux jours avant de repartir vers la capitale.

À peine installés dans le bus voilà que des hommes en tenue de policier accompagnés de chien montent. Ils commencent la fouille. Il s’agit d’une brigade anti-drogue. La frontière commune avec le Brésil est propice aux trafics.

Le chien se rapproche. Les policiers effectuent les contrôles d’identité. Autant vous dire que je n’ai rien à leur présenter.

Je n’ai rien à me reprocher mais le fait de ne pas avoir de papier me procure un léger stress. Mon tour arrive, j’essaie de m’expliquer en espagnol mais je suis vite à court de mot.

Je n’ai pas de papier et pas l’air très net avec mon look de globe-trotter (barbe de 3 mois et style négligé). Le chien me renifle, il ne trouve rien. Mon amie explique ma situation au policier.

L’homme semble nous croire et ne cherche pas en savoir plus à mon sujet.

Mon séjour en Argentine touche à sa fin.

Je me procure un laisser-passer au consulat français me permettant de rentrer au pays.

Mon vol retour tient sur une feuille A4.

À vous