Dans l’antre pékinois

Colossal, massif, dense, impressionnant, surprenant, je ne sais comment décrire ma première impression de Pékin.

Je cherche à l’apprivoiser. Je commence donc par manger. C’est très souvent l’une des meilleures façons d’appréhender l’ambiance locale.

En évitant les chaînes de junk food et les restaurants touristiques, je me trouve vite dépourvu de repère culinaire. Dans les restaurants de quartier, aucun menu n’est disponible en anglais, que du mandarin.

Les plats sont affichés au mur mais il m’est difficile de faire la différence entre un ravioli de porc et un ravioli de…

J’emploie la manière forte. Il ne faut pas hésiter et aller voir ce que mange le voisin quitte à le déranger pendant son repas. Ils sont curieux les Chinois. Quand vous vous intéressez à leur nourriture, ils deviennent tout de suite plus loquaces.

Heureusement pour moi, la nouvelle génération apprend l’anglais à l’école. Très souvent, c’est l’enfant de 8-10 ans qui prend ma commande.

Jour de grande faim, je m’arrête pour un bol de nouilles. Le spectacle est partout, dans l’assiette et en cuisine. Les nouilles sont préparées sous mes yeux. «Le nouillolo» attrape la pâte, l’étire, la découpe et l’étire à nouveau, incompréhensible pour un œil non averti. Il les plonge dans le bouillon et 2 minutes plus tard je suis servi. Je suis aux anges et tout ça pour 50 centimes d’euros.

Le ventre plein, je peux m’attaquer à la découverte de Pékin en vélo. Il y a peu de règles si ce n’est celle d’être le plus malin et le plus rapide. Je m’éclate. Les autres cyclistes s’interrogent sur ma présence.

Je me fais surprendre sur les distances. Sur la carte tout paraît si proche et accessible. En regardant plus attentivement l’échelle  je me rends compte que Pékin est grand.

Revenons sur l’origine de ma venue ici.

Une nuit de juillet 2006, je me réveillais en Chine. La Grande Muraille était sous mes pieds. J’étais seul et je courais vite, vraiment vite. J’avais la sensation de voler.

Bien évidemment, tout ceci n’était qu’un rêve mais il m’a plu. Je me suis alors promis d’aller un jour tenter l’expérience.

Je suis aujourd’hui en route pour la Grande Muraille. J’appréhende, j’ai peur d’être déçu.

Je me rends à Badaling, une des sections de la Grande Muraille la plus visitée car rénovée. En effet, de nombreux passages sont en ruines. Longue de plus de 6000 km, il est impossible d’entretenir l’intégralité de la construction.

Grande muraille de Chine, Badaling

Grande Muraille de Chine, Badaling (photo par will-on-board)

Le spectacle est renversant. Ce serpent de pierre empruntant les sommets des collines avoisinantes et s’enfonçant dans ce décor rocailleux me laisse sans voix. Il s’agit bien là d’une merveille.

Je l’arpente. Les passages sont abrupts et glissants. Je suis surpris par le nombre important de Chinois visitant la Grande Muraille, le voyage d’une vie peut être. Je croise peu d’étrangers.

La visite ne dure que deux heures mais mon passage sur ce monument restera à jamais gravé dans ma mémoire.

À vous