De Kaitaia à Hamilton

Nous nous dirigeons vers Kaitaia et sa région un peu à l’écart des flux touristiques. Nous avons comme principe de ne jamais réserver d’hôtel. L’expérience se révèle périlleuse. Kaitaia compte deux hôtels. Le premier étant complet, nous nous rabattons sur ce qu’on pourrait appeler un repère de brigands.

Le propriétaire, très local et bien marrant, s’appelle Davon et semble ne jamais avoir quitté sa ville natale. Son hôtel est miteux. Une épaisse moquette (confortable pieds nus), un papier jaune vieillissant et un lavabo digne d’Alcatraz composent l’intérieur de notre chambre.

Nous faisons la connaissance de sa fille et de ses amis au Kiwi’s paradise, nom donné au jardin parsemé de canettes de bière situé derrière la maison. Croyez-moi, cet endroit a plus l’air d’une décharge publique qu’un paradis pour oiseau, fruit ou Néo-Zélandais.

À peine installés, nous pénétrons l’intimité de ses locaux. Nous nous sentons, au final, très à l’aise dans cet environnement. J’imagine qu’être un homme aide beaucoup dans ce cas de figure. Nous ne sommes pas si différents.

Bien qu’atypique, Davon est très avenant et accueillant à notre égard. Le lendemain, nous prenons le bus pour Cape Reinga.

Particularité du coin, d’énormes dunes de sable y sont praticables en luge. Je me fais un plaisir de les dévaler. En arrivant en bas de la dune, je casse mon appareil photo. Du sable s’est logé dans les lentilles.

Le chauffeur, Collin, qui dégage une odeur insoutenable sous les bras, a également pour mission de nous faire découvrir 90 mile beach (145 km). En fait, cette plage n’est longue que de 65 miles (105 km).

De retour chez Davon aux alentours de 17 h 00, il nous semble préférable de reprendre la route pour s’avancer. Nous avons pour objectif de rejoindre Rawene, un village de pêcheurs, avant la nuit.

La traversée de l’estuaire s’effectue sans encombre pour notre mitsubishi. L’atmosphère ambiante de Rawene ne présage pas d’une forte activité dans les parages. Seul un hôtel est ouvert. Contraints, nous y entrons. Le calme est également palpable à l’intérieur. Nous sommes les seuls clients.

Le soir, quatre pêcheurs sont accoudés au bar. Après quelques bières, la discussion s’engage rapidement. Nous prenant pour des citadins n’ayant jamais approché la nature néo-zélandaise, ils énumèrent de nombreuses histoires sur les environs. Il paraîtrait qu’à certaines périodes de l’année, l’estuaire serait infesté de requins, de raies mantas et d’orques. Difficile à croire même alcoolisés.

Nous n’avons pas très bien mangé ces derniers jours. Le restaurant de l’hôtel propose d’excellents plats : coquilles Saint-Jacques, poisson grillé et côte de porc. Nous sommes loin du Kiwi’s paradise de Davon. Cet endroit est unique, des propriétaires à nos petits soins et des locaux regorgeant d’histoires plus incroyables les unes que les autres. Après une bonne nuit de sommeil, un dernier petit déjeuner digne de ce nom et avec regret, nous repartons vers Auckland.

Le jour suivant, nous nous dirigeons vers Rangitoto, une des nombreuses îles de la baie. L’endroit m’inspire peu. J’ai comme l’impression d’être pris au piège, le touriste vache à lait.

Nous continuons vers le sud. Nous nous arrêtons pour la nuit dans une ville proche de Hamilton. Sur le guide, il est écrit que nous pouvons observer des kiwis, animaux nocturnes. Rien à l’horizon, la déception est grande. Pour se consoler, nous dénichons un petit bar proposant des pintes de Thuy (bière néo-zélandaise) à 1 dollar kiwi.

Je vous laisse faire la conversion (50 centimes d’euro).

À vous