Face à face avec un rhinocéros (Afrique du Sud)

Zone résidentielle Johannesbourg, Afrique du Sud

Thibaut est sur Le Cap pour 3 semaines. Je nous organise un périple dans le parc national du Kruger.

Nous décollons pour Johannesburg. Notre backpacker se trouve à quelques kilomètres de l’aéroport. Nous tentons de découvrir les lieux. L’ambiance environnante, maisons grillagées, rues désertes, ne nous motive guère et notre objectif se limite à rejoindre le mall situé à une centaine de mètres.

Après une nuit froide, nous sommes en route pour le Kruger. Une longue journée de route est nécessaire.

Notre destination finale est proche. Nous apercevons l’entrée du parc. Long de 350 km du nord au sud et de 60 km d’est en ouest, quelques routes le parcourent.

Nous intégrons notre campement protégé par une grande clôture. Les premiers frissons ne tardent pas à se faire sentir.

Le repas du soir se prend autour d’un feu. Des grognements se font entendre. Équipé de ma lampe frontale, je me retourne. Deux points lumineux semblent me fixer. Des hyènes ont encerclé le campement dans l’espoir d’obtenir quelque chose à manger.

Les ayant aperçues par le biais de documentaires animaliers, je suis surpris par la taille des femelles, aussi grosses que des poneys.

La nuit dans la tente est rudimentaire et inhabituelle. Des bruits encore inconnus au bataillon nous accompagnent tout au long de notre sommeil.

Embarqués de bon matin (5 h 00) dans un 4X4 pour rejoindre deux rangers, un troupeau d’éléphants se fait menaçant mais accepte finalement de nous laisser passer.

Les rangers nous briefent sur les potentielles situations auxquelles nous pourrions avoir à faire face et les comportements à adopter lors de la marche.

Comme souvent, vous vous dites que cela ne vous arrivera pas et que ce ne sont que des paroles en l’air. Sauf que cette fois-ci, l’environnement est bien plus imprévisible que tout ce que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent.

carcasse de girafe, parc national du Kruger

Carcasse de girafe, parc national du Kruger (photo par will-on-board)

Afin de dissuader un éventuel prédateur, nous nous suivons en file indienne pour paraître plus gros. Les rangers insistent sur le fait que toute personne s’éloignant du groupe se mettrait  immédiatement en danger.

Nous tombons sur une première carcasse. Ils nous demandent de rester sur nos gardes suspectant l’animal d’être encore dans les parages. Ces deux natifs m’impressionnent par l’excellente connaissance de leur environnement.

Nous marchons pendant une heure, les alentours paraissent si calmes pour un œil non averti comme le mien.

Ils nous arrêtent brusquement et demandent de nous taire. À 200 mètres, trois rhinocéros s’alimentent.

N’ayant pas une vue exemplaire, les animaux nous repèrent grâce à leur odorat. Curieux, ils se rapprochent puis ils accélèrent. Le sol se met à vibrer.

C’est à ce moment précis que vous mettez en application les recommandations des rangers, à savoir se cacher derrière un buisson et ne plus bouger.

Étaient-ils vraiment sérieux en disant ça ? Avaient-ils déjà vu un rhinocéros courir en leur direction ?

Certainement, mais pas moi…

Thibaut et moi ne sommes guère rassurés.

C’est cachés derrière un buisson qu’il me dit : «je sais qu’il ne faut pas courir mais là, c’est peut être le moment d’y aller».

Je suis prêt à le suivre quand soudainement les deux rangers se dressent devant les rhinocéros et tirent trois fois au ciel.

Les animaux s’arrêtent net.

À vous