Mes expériences sud-coréennes

À peine le temps de digérer mon périple australien que l’aventure coréenne commence. Elle se fait vite sentir avec une température avoisinant le 0° C. Je n’ai qu’un simple short en guise de pantalon.

Il est 6 h 00 du matin, je me trouve à Séoul. De rares inscriptions sont écrites en anglais. Je ressens, l’espace d’un instant, une certaine proximité avec les lieux. Je peux voir un peu partout « Paris baguette » et « Paris croissant » (Pomme de pain de chez nous). 

Je n’oublie pas mon objectif : parvenir à joindre mon amie Younghwa.

Je décide de l’appeler. Je regarde autour de moi pour une cabine téléphonique. Je la trouve. Elle n’accepte que les pièces de 500 wons. Je n’en ai pas. J’essaie en vain de changer un billet avec un petit vieux vendeur de cigarettes dans une cabane. Je cherche à utiliser mon portable. Impossible! Leur technologie est différente. Je n’accède à aucun réseau. Les passants n’ont pas l’air décidés à m’aider. Je persiste et tombe sur une lycéenne parlant anglais. Elle me sort de là en me donnant quelques pièces.

J’ai l’impression de déranger en demandant mon chemin. Les Sud-Coréens, quoique comportement typiquement asiatique, ont tendance à répondre de manière agressive. Il n’en est rien. Ne vous sentez pas fautif. La première fois, ça surprend. 

Je retrouve mon amie, il est 8 h 00.

Dimanche après-midi, Younghwa, sa colocataire et moi partons pour le sauna.

Les Sud-Coréens sont des bosseurs acharnés mais font très attention à leur santé. De nombreux équipements de musculation sont à disposition gratuitement dans les parcs où se pratique aussi la méditation. En plus du caractère stressant de Séoul, la ville produit et récolte énormément de pollution. Le sauna ou jimjilbang apporte cette fraîcheur mentale que recherche la population. 

J’aurais tendance à croire que leur secret de longévité réside plutôt dans leurs habitudes alimentaires composées en grande partie de produits frais tels que légumes, poissons et fruits de mer.
C’est ainsi que pour le petit déjeuner, vous vous retrouvez à manger des algues ou encore des calamars vivants. Pas évident les premières fois mais on s’y habitue.

Revenons à notre sauna.

Je passe la première heure au hammam. Jusque-là tout va bien. Je me rends dans une partie non mixte du complexe pour profiter de bains chauds. Cette zone nécessite d’être nu. Je n’ai pas de problème avec ça. En entrant, je me vois bizarrement observé. Je dois surprendre plus d’un homme sud coréen pas habitué à partager les bains avec un Français. Je ressens un certain malaise à être fixé uniquement sur une partie de mon anatomie.  

Dans le bain, seuls des enfants sont à côté de moi. Je ne comprends pas pourquoi. Un premier adulte vient me voir en haussant le ton. Si je me réfère à mon expérience précédente, il cherche juste à me parler. Un autre adulte arrive et me parle en anglais. Il m’explique que je n’ai pas le droit de rester dans ce bain réservé aux enfants. Pas si facile l’intégration…

S’informer et communiquer n’est pas toujours évident. J’utilise beaucoup le langage des signes pour me faire comprendre. Comme langage universel, je ne pense pas que nous fassions mieux. Nous devrions peut-être davantage y être initiés.

À vous