Jujuy dans l’axe du Capricorne

Lors du sommet de Brasilia en 2000, la Banque Interaméricaine de Développement et la Corporacion Andina de Fomento émettent l’hypothèse d’une alliance sud-américaine pour le développement des infrastructures de transport et de communication.

Douze pays composent désormais l’Initiative d’Intégration de l’Infrastructure de la Région Sud-Américaine (IIRSA) : Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Chili, Venezuela, Guyana et Surinam.

Afin d’atteindre ses objectifs, l’IIRSA a identifié dix axes de développement et d’intégration dont celui du Capricorne (« Eje de capricornio »).

Tout le travail sur cet axe consiste à connecter une industrie brésilienne florissante, au sud du pays, à une porte d’entrée vers le marché asiatique que sont les ports du nord du Chili.

La cordillère des Andes reste cependant un obstacle de taille à la construction de routes et voies ferrées.

Cette connexion s’avère de plus en plus primordiale pour le développement du commerce international sud-américain étant donné que la Chine est le premier pays importateur de produits brésiliens et chiliens.

Outre cet enjeu économique majeur, l’axe du Capricorne doit désenclaver et stimuler les économies régionales qu’il traverse : Nord-est argentin, Sud bolivien et Paraguay.

En facilitant l’accès à ces territoires et en les intégrant à un marché mondial, l’IIRSA entrevoit des gains de compétitivité et ainsi de réelles perspectives de développement régional (sud-américain) et international.

N’oublions pas que ces régions d’Amérique du Sud possèdent de nombreux sites touristiques à forte potentialité. Ces nouvelles infrastructures (route, voie ferroviaire) offrent une nouvelle opportunité de les valoriser.

Une des provinces très concernée par l’axe du Capricorne est celle de Jujuy en Argentine.

Route nationale 52 reliant Jujuy au Chili

Route nationale 52 reliant Jujuy au Chili, Argentine

En 2005, les présidents chilien et argentin ont inauguré la route nationale 52. Partant de San Salvador de Jujuy, elle rejoint le col de Jama (« Paso de Jama ») à plus de 4200 mètres d’altitude et permet d’accéder à l’océan Pacifique en traversant le Chili. D’importants efforts ont été faits pour que cette route soit praticable toute l’année et ce quel que soit le temps. Le montant des travaux pour la connexion entre San Salvador de Jujuy et le col de Jama s’est élevé à 54 millions de dollars.

En 2010 le gouverneur de la province de Jujuy, Walter Barrionuevo, a inscrit à son agenda la construction d’un complexe frontalier au col de Jama et d’une voie de chemin de fer passant par ce même col.

Les initiatives sont nombreuses, toutefois les blocages institutionnels persistent et ralentissent la mise en place de projets.

À titre d’exemple, l’Argentine et le Brésil (1991) sont membres du MERCOSUR (Marché commun d’Amérique du Sud) alors que le Chili est membre associé (1996) et ne candidate pas pour l’instant à l’adhésion. Ce statut l’autorise à ne pas appliquer en totalité la législation douanière de l’organisation. La Bolivie, membre associé (1996), a fait part de sa volonté d’intégrer le marché commun. Quant au Paraguay, il a été suspendu par l’organisation suite à la destitution de son président.

Les relations semblent encore fragiles et déséquilibrées, force est de constater que les obstacles naturels ne sont pas les plus compliqués à surmonter.

À vous