La Paz tient son Central Park

Non loin du lac Titicaca, se situe La Paz (3 660 m). Sous sa véritable appellation “Nuestra Señora de La Paz”, elle est la capitale administrative de la Bolivie.

Deuxième ville la plus peuplée du pays, derrière Santa Cruz, elle comptabilise près d’un million d’habitants.

À la fin des années 1990, la situation de la ville était catastrophique. Pauvreté, exclusion sociale, perte de compétitivité sont venues s’ajouter à une conjoncture nationale déjà difficile.

Au début des années 2000, la municipalité de La Paz a effectué de profonds changements institutionnels dans le but d’améliorer le fonctionnement du territoire.

Suite à ça, le pouvoir local a décidé de lancer un programme de renouvellement urbain (Programa de Revitalizacion urbana, PRU) avec pour principaux objectifs :

  • Crédibiliser et assurer la viabilité démocratique du nouveau système.
  • Améliorer la qualité de vie des habitants de l’aire métropolitaine de La Paz.

Les conditions topographiques de La Paz, altitude, sol rocailleux, accidenté et dépourvu de végétation ont contraint pendant des années la municipalité à concentrer l’ensemble des écoles, églises, bureaux administratifs, axes routiers et pôles économiques en centre ville.

Cela a eu pour conséquence la saturation du trafic, une densité urbaine accrue, l’absence d’espaces verts, la fragilisation du sol et une délocalisation des économies formelles en dehors de la ville.

Le PRU (programme de renouvellement urbain) a permis d’inverser ce processus de détérioration du centre ville au travers de différents projets.

En 2001, les autorités de La Paz ont lancé un appel à projet international pour la création d’un vaste parc urbain en centre ville. L’objectif était de renouveler et revitaliser une zone extrêmement endommagée.

Parc central urbain de la Paz

Parc central urbain de la Paz en 2009, Bolivie (photo par Guille)

Ce parc (40 hectares) a aidé à la préservation du sol en devenant une zone perméable permettant l’absorption des eaux de pluie et protégeant de l’érosion. La qualité environnementale et la reforestation de la ville se sont nettement améliorées depuis.

Il est aujourd’hui un espace de vie nécessaire où la population peut se reposer, se divertir, s’épanouir et échanger.

À cet effet, des aires de jeu pour enfant, des terrains de sport et des espaces de divertissement pour personnes âgées ont été prévus. Un théâtre en plein air est en cours de rénovation.

L’artisanat local est mis en avant grâce au marché Camacho. Des artistes peuvent se produire sur la scène de la coupole adobe.

Une promenade sur une plateforme dominant la ville est en cours de construction afin de ravir les touristes.

Cet espace public permet également une sensibilisation à l’écologie et à l’expression créative au travers d’ateliers thématiques. Ces différentes initiatives concourent à l’amélioration de la qualité de vie, à l’éveil et à une prise de conscience environnementale de la population.

La création de ce parc urbain a été en partie possible grâce au financement du PRU par la banque inter-américaine de développement à hauteur de 28,5 millions de dollars.

Lors de mon passage en 2007, la zone était encore dépourvue de transport public. Son accès était limité mais le parc offrait déjà une réelle bouffée d’air frais dans ce centre ville brouillon et asphyxié.