Outback quand tu nous tiens

Ma découverte de l’outback débute après quelques jours passés dans le parc national du Kakadu, sous les eaux pour l’occasion, au nord tout près de Darwin.

L’outback, “Out in the back country” ou «campagne isolée» en français vulgaire, me semble familier. Sa terre rouge-orangée et son célèbre rocher “Ayers Rock” (ou Uluru terme employé par les aborigènes) posé au beau milieu du désert Simpson font déjà partie de mon imaginaire.

Sa traversée s’effectue sur environ 3000 km, un long chemin à parcourir. Plusieurs options peuvent être envisagées pour rejoindre Adélaïde (inversement Darwin).

J’ai opté pour le minibus (agence de voyage). Il est préférable de tomber sur un groupe plaisant car la promiscuité est omniprésente. Le train vous garantira une expérience unique.

Si vous décidez d’emprunter la voiture pour vous lancer seul sur la Stuart Highway aussi appelée “The Track”, soyez vigilant. Cette solution n’est pas forcément la plus recommandable. Il est préférable d’être au minimum 2 chauffeurs pour s’éviter une trop grande fatigue. La conduite dans l’outback requiert une attention toute particulière. Les animaux qui y vivent sont une menace permanente. Alors non, vous n’allez pas vous faire manger par un kangourou mais celui-ci risque de ne pas regarder à droite et à gauche avant de traverser. En cas d’accident, les secours peuvent parfois mettre un certain temps avant d’intervenir. Les zones à couvrir sont immenses et peu peuplées et les équipes limitées.

Si vous n’avez pas de voiture et que vous ne voulez pas intégrer un groupe, il existe un moyen économique de traverser “The Track” : livreur de caravane. Le concept est simple. Il vous suffit de ramener le camping-car à son point de départ. Vous avez intérêt à être extrêmement prudent. Le moindre pépin sur le véhicule et c’est vous qui payez. Pour ceux qui veulent tenter l’aventure jusque sur les pistes de l’outback, jetez un œil sur ce site.

Comme vous pouvez le constater l’aventure commence avant même d’avoir entamé la traversée.
En compagnie d’une quinzaine de passagers, je parcours la Stuart highway en 6 jours. C’est un laps de temps commode quand vous n’en avez pas mais inconfortable car vous passez de nombreuses heures sur la route. Il ne vous reste plus alors qu’à admirer le paysage.

Ne soyez pas surpris de croiser des trains routiers. Camions tractant plusieurs remorques à la fois, ils circulent sur « The Track » afin d’assurer le transport de marchandises. Un de ces monstres arrive à notre rencontre. Il m’impressionne. Les plus longs, les “powertrain » ou « body and six” peuvent aller jusqu’à 6 remorques. Je m’imagine conduire ces engins. Une sensation de toute-puissance m’envahit. Une chose est claire, oubliez les créneaux.

Sur certaines sections de la highway, vous longez la voie de chemin de fer emprunté par le Ghan, train qui tient son nom de chameliers afghans. En choisissant ce moyen de transport, vous aurez besoin de 3 jours pour rejoindre Adélaïde. Sortez les appareils ! Les levers et couchers de soleil sont remarquables et je n’ose imaginer ce que vous ressentirez voyageant dans ce train mythique.

L’histoire de cette traversée s’articule autour du Rocher. Nous voulons tous voir Uluru mais sur place nous déchantons. Le paysage fait le boulot sauf qu’en profiter au milieu de plusieurs milliers de personnes, la magie retombe vite. Ce site est une véritable usine à touristes.

Je préfère continuer ma route et vous parler de la barrière à dingos. J’ai du mal à croire que cette clôture géante mesure plus de 5300 km. Initialement prévue pour protéger de la peste des lapins, son utilité s’est vue modifier avec la menace des dingos sur les troupeaux de moutons.

Vous terminerez certainement la route en faisant escale à Coober Pedy. Ce village est connu pour son extraction d’opale mais aussi pour le caractère un peu dérangé des gens qui l’habitent.

Éloignés de tout, il faut en vouloir pour vivre là-bas. La ville se vide de plus en plus. Seuls de petits commerces persistent grâce au trafic routier et aux mines d’opale des alentours. La chaleur étouffante (la température peut avoisiner les 50° C à l’ombre) a forcé les habitants à construire leur maison sous terre.

Claustrophobes s’abstenir.

À vous