Parole bolivienne

Je n’ai rien à reprocher aux Boliviens mais il y a une chose sur laquelle je souhaiterais m’arrêter. Jour après jour, j’expérimente les aléas de la parole bolivienne.

Au matin, j’arrive à Uyuni. Je réserve une chambre dès à présent. J’ai à faire avec une charmante grand-mère bolivienne.

N’ayant pas eu accès à une douche depuis plusieurs jours, ma priorité est de pouvoir me laver avec de l’eau chaude si possible. La propriétaire me garantit l’eau chaude pour la douche.

N’ayant pas le temps de vérifier, je pars pour le salar. Le prix payé aurait du m’alerter de l’arnaque.

Le soir, l’eau est coupée. Les nuits froides (entre 0°c et – 5°c) font geler l’eau ce qui abime les canalisations.

Les chambres sont dépourvues d’isolation. Un air glacial s’engouffre. Je décide de dormir habillé.

Après une nuit très froide, je retente ma chance avec la douche. L’eau coule difficilement et reste glaciale. J’abandonne l’idée de me laver.

4x4 bolivien

On avait dû leur dire que la voiture sortait de révision (photo par G. Métais)

Je suis en route pour Tupiza. Un bus partant à 18 h 00 rejoint Villazon, ville frontalière avec l’Argentine.

Généralement le bus d’Uyuni met 7 heures pour atteindre Tupiza. En partant à 8 h 00, je pense mon timing bon.

La réalité est tout autre. Le bus ne met pas 7 heures mais bien 10 heures pour rejoindre Tupiza.

Une fois à la gare routière de Tupiza, je cherche en vain le bus de 18 h 00 pour Villazon. Je questionne les locaux. Ils sont unanimes, un bus de nuit part à 21 h 30 pour la frontière argentine.

Je prends mon mal en patience.

À 21 h 00 je suis seul à la gare routière.

Il n’ y a toujours pas l’ombre d’un bus à 21 h 45. J’abandonne et passe la nuit dans un petit hôtel où la gérante me refait le coup de l’eau chaude.

Au petit matin, dans un dernier élan d’espoir, je tente la douche. L’eau est frigorifiante.

À Villazon, il me faut traverser la frontière. Souvenez-vous des problèmes que j’ai rencontrés à la frontière Pérou-Bolivie (grève des taxis boliviens).

Méfiant, je refuse d’embarquer dans un bus bolivien pour rejoindre la province de Juyjuy en Argentine. Bien qu’ils me garantissent tous d’être en mesure de franchir la frontière, je décide de marcher. Bien m’en a pris, les bus sont bloqués.

Mon périple bolivien se termine. C’est dommage, je commençais finalement à m’amuser de leur parole quelque peu précaire.

À vous