Puissance locale, frein ou moteur
de l’aménagement romain ?

Rome se compose d’un centre-ville historique, d’une première et seconde couronnes. Cette dernière est aujourd’hui un territoire où de nombreux projets d’aménagements se concentrent.

Les plans régulateurs généraux de 1931 et 1962 ont façonné les caractéristiques urbaines de la commune de Rome. Axés sur le développement économique (secteur tertiaire), ces schémas directeurs n’ont que modérément enrayé l’expansion de la seconde couronne par des occupations foncières illégales.

Face à cette désorganisation urbaine de Rome, le pouvoir local a décidé de restructurer la ville à partir de son réseau de transport. De 1993 à 2008, la modernisation et l’adaptation des infrastructures de transport, “Il cura del ferro” la thérapie par le fer,  a cherché à réparer les dommages causés par plusieurs décennies d’insuffisance de planification.

Ce plan, financé par l’État à hauteur de 500 millions d’euros, a permis de renouveler des infrastructures de transports.

En 2006, s’appuyant sur des modèles européens comme celui de Paris, Londres ou Madrid, ayant axé leur planification sur un fonctionnement multipolaire, le nouveau plan régulateur général prévoit de densifier des zones urbaines, à partir du nouveau réseau de transport, afin de créer de nouvelles centralités.

Il est convenu que les villes satellites seront construites autour des principales gares et que l’aménagement urbain ne sera possible que si une gare du réseau ferré urbain ou régional est à proximité.

Un des premiers succès de ce plan s’appelle le “Parco Leonardo”. Cette ville s’étend sur 160 hectares le long de l’axe Rome-Fiumincino. Ville verte où l’ensemble des services à la personne sont réunis (santé, éducation, divertissement, administration), elle est le fruit de négociations entre la commune de Rome et les promoteurs dans le but d’échanger les droits de construction et d’obtenir l’aménagement d’une nouvelle gare. Désormais plus de 3 000 personnes y travaillent et environ 7 000 y résident.

Cependant, le territoire romain se compose d’identités locales (puissants propriétaires-promoteurs) fortes et influentes rendant les initiatives à projet parfois difficiles.

Porta di Roma

Projet « Porta di Roma »

À titre d’exemple, le projet “Porta di Roma”, situé dans la zone Bufalotta, est une initiative entièrement privée, qui s’étend sur plus de 150 hectares à proximité de l’anneau autoroutier romain, disposant de logements, bureaux et centres commerciaux.

À l’origine, ce projet ne répondait pas aux exigences urbaines définies dans le plan général. Depuis, l’intervention de la commune de Rome a abouti à une loi (loi n° 396/90), et la zone sera prochainement accessible par la ligne B1 du métro.

Les initiatives privées, bien que spéculatives, peuvent dans certains cas de figure être des solutions aux lenteurs de requalification de territoire, aux moyens financiers insuffisants de la commune et à l’absence  d’une instance hiérarchique capable de prioriser et activer les projets.

Une première révision du plan régulateur général de 2006 a été formulée, « le projet du millénaire 2010-2020 », prolongeant la réflexion sur l’aménagement de la métropole romaine.

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