Quartier Leopold, vers un nouveau visage du Bruxelles européen

Comment évoquer Bruxelles sans parler de son rôle central dans l’administration européenne.

Il faut, pour comprendre l’origine de Bruxelles capitale européenne, remonter à l’année 1951 et le traité de Paris qui donna naissance à la première communauté européenne, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), prémices de l’Union Européenne.

En 1957, deux nouvelles institutions européennes furent créées – la Communauté Économique Européenne et la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique – restait alors à en déterminer les sièges sociaux. Le château de Val Duchesse, situé à Bruxelles et apprécié des hommes de pouvoir de l’époque, le devînt officieusement, le temps pour les experts européens de désigner la métropole hôte.

L’enjeu étant de taille, le gouvernement belge poursuivit ses efforts d’aménagement en mettant à disposition d’importants espaces de bureaux à l’est de la ville, dans le quartier Léopold. Ces locaux furent rapidement occupés par les fonctionnaires européens.

C’est en 1965 avec le traité de Bruxelles puis en 1992 avec le Conseil Européen d’Édimbourg, que le statut non officiel mais très affirmé de Bruxelles capitale européenne se pérennisa, les atouts urbains bruxellois finissant par séduire les experts.

Métropole à taille humaine, sa qualité de vie est très satisfaisante. Elle bénéficie de l’ensemble des infrastructures de transport nécessaire. Sa localisation la place au centre d’un réseau connectant les principaux acteurs européens. Elle fait preuve de dynamismes culturel et économique et d’une ouverture sur l’international. Son capital humain est de qualité grâce aux nombreuses écoles privées et universités réparties sur le territoire.

Conséquences d’un tel chantier, le quartier Léopold, quartier central de l’administration européenne, a subi de profonds changements. Sa transformation s’est bien souvent faite dans la précipitation, les autorités devant satisfaire une demande croissante de locaux émanant des fonctionnaires européens, des sièges sociaux d’entreprises internationales et des cabinets de lobbying soucieux d’être au plus près de l’exécutif européen.

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Cette urbanisation sauvage a bouleversé l’identité du quartier, passant d’un espace urbain de standing essentiellement résidentiel à un territoire dévoué à l’activité administrative de l’Union Européenne. Quelques bâtiments symbolisent ce changement comme le Berlaymont, siège de la Commission européenne, construit en lieu et place du couvent des dames de Berlaymont.

Afin de redonner corps et âme au quartier de l’Europe (quartier Leopold), le Gouvernement a approuvé, en avril 2008, le schéma directeur du Quartier européen, élaboré sous la direction de Marie-Laure Roggemans, Déléguée de la Région de Bruxelles-Capitale pour le développement du Quartier européen.

Le schéma directeur s’articule autour de 5 principes fondamentaux que sont l’environnement avec la création d’un éco-quartier, une pluralité d’alternatives dans le choix de sa mobilité, le retour à un espace urbain multifonctionnel, un recours systématique aux concours architecturaux dans la conception du quartier et enfin une valorisation de l’offre touristique et culturelle disponible.

Ce projet est, pour Bruxelles-Région-Capitale, une occasion unique de mettre en avant une stratégie urbaine attrayante. L’exposition internationale qu’offre le quartier de l’Europe donne la possibilité à la métropole de valoriser les dynamiques de son territoire. Elle compte ainsi séduire de nouveaux promoteurs immobiliers et répondre aux besoins de sa population en termes de qualité de vie.

12 programmes urbanistiques et architecturaux, préalablement définis, serviront à mettre en forme cet ambitieux projet.

L’un d’entre eux fait l’objet d’une attention toute particulière, le projet urbain Loi imaginé par l’architecte Portzamparc.

Quartier_europeen_vue_generale_PUL_AtelierdePortzamparc

Enclavé dans un territoire dicté par la froideur des bâtiments administratifs et l’autoroute urbaine qu’est devenue la rue de la loi, cet espace est programmé pour devenir un modèle d’éco-quartier produisant zéro émission de gaz (source : l’avenir.net). Une réduction de la chaussée devrait accompagner la mise en place d’un transport public, tram ou métro désengorgeant le fort trafic automobile présent sur la rue de la loi.

Absente de l’actuel quartier de l’Europe, la mixité urbaine est une composante principale du futur projet. De nouvelles proportions dessineront le décor urbain du quartier Leopold – 80 % de bureaux, 15 % de logements et 5 % de services – redonnant une consistance au quartier.

Projet pilote, la programmation Loi servira de “catalyseur du redéveloppement du quartier européen” (source : ADT-ATO Bruxelles), contribuant ainsi à le doter de nouveau d’une dimension humaine.

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