Routes boliviennes

La Bolivie, pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, doit faire face à de nombreux enjeux. Afin d’assurer son développement, le réseau routier est devenu une des priorités.

Les routes nationales de Bolivie (en espagnol Rutas Nacionales de Bolivia) sont les routes propriétés de l’État formant le réseau routier fondamental (en espagnol Red Vial Fundamental).

En novembre 2010, le réseau était constitué de 75 938 km de routes dont :

  • Asphaltées : 10 041 km
  • Autoroutes : 30 km
  • Voies rapides : 108 km
  • Piste en gravier : 27 928 km
  • Piste en terre : 37 969 km

Quasiment 90% des routes boliviennes ne sont pas goudronnées. L’unique autoroute de Bolivie relie El Alto et La Paz pour former la plus importante zone métropolitaine du pays.

Face à ce manque d’infrastructures, le gouvernement bolivien a prévu un plan d’actions afin de développer son réseau routier.

Il permettra de désenclaver les zones les plus isolées de Bolivie afin de leur donner un accès à l’emploi, l’éducation et la santé.

Le réseau intègrera les zones à fortes potentialités dans l’économie nationale. Leurs savoir-faire et ressources sont susceptibles de générer une activité de production importante et ainsi d’améliorer la compétitivité internationale du pays.

Il facilitera les échanges entre les différentes provinces du pays et contribuera à la création d’un marché national. Pour finir il favorisera le Commerce extérieur en améliorant le transport de biens et d’hommes en particulier avec les voisins sud-américains.

La CAF (Corporacion Andina de Fomento), banque de développement formée de 18 pays d’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Europe, a établi en 2010 un état des lieux du réseau routier existant et en devenir de la Bolivie (carte ci-dessous).

Réseau et projets routiers, Bolivie

Réseau et projets routiers, Bolivie (carte par CAF)

Nous pouvons voir en noir les routes goudronnées existantes et en rouge les projets de route goudronnée. Cette carte est révélatrice de l’importance du chantier à réaliser.

En mars 2012, la CAF a annoncé le financement de la route goudronnée de 169 km entre Cotagaita-Tupiza-Villazon. Ce tronçon est primordial dans l’ouverture de l’économie bolivienne aux échanges internationaux, Villazon étant la ville frontalière avec l’Argentine.

La modernisation de cet axe routier cumulée à l’attractivité touristique des provinces de Juyjuy et Salta en Argentine dynamiseront l’activité touristique bolivienne, tout particulièrement dans la région de Villazon.

Si certains projets peuvent susciter l’engouement des populations locales, il en est d’autres qui déchaînent les foules.

Une route de 300 km devait relier les départements de Beni et de Cochabamba pour 2014 et permettre le désenclavement de ces 2 régions. Le projet aurait dû traverser une réserve écologique d’un million d’hectares (parc national Tipnis). Or la population locale (15 000 Indiens amazoniens), qui aurait dû être déplacée, a refusé ce projet et a entamé une marche vers La Paz. Une répression violente de l’État a provoqué un soutien national et l’abandon de ce projet par le gouvernement d’Evo Morales.

La population est consciente que la Bolivie doit se moderniser afin se développer mais elle sait aussi que la préservation des patrimoines naturel et culturel est une source de valeur ajoutée dans un monde globalisé où l’identité locale est souvent amenée à disparaître.

À vous