Lithium : La nouvelle richesse du Salar ?

Uyuni est une petite ville de 11 000 habitants située à 3 670 m sur une plaine de la Cordillère des Andes.

Son climat, très sec, rend l’approvisionnement en eau difficile. L’agriculture est quasi inexistante.

Carrefour ferroviaire, la ville est également reliée par la route (certaines goudronnées d’autres non) à Potosi et La Paz.

Uyuni est surtout connue pour « El Salar », le plus vaste désert de sel de la planète avec une superficie de 12 500 km2.

Il génère une activité économique vitale à la population locale. Chaque année 25 000 tonnes de sel y sont exploités et son paysage lunaire attire près de 60 000 touristes.

La découverte d’un stock de lithium, estimé entre 9 et 100 millions de tonnes par les États-Unis et les experts boliviens, a bouleversé l’intérêt donné au désert de sel. La Bolivie disposerait de la plus grande réserve de lithium au monde, entre 30 et 70%. (source rue89).

Les enjeux économiques autour de ce métal alcalin sont colossaux. Il est un composant indispensable aux batteries de nos ordinateurs, téléphones portables, tablettes et montres mais pas seulement.

Piscine d'évaporation du lithium

Piscine d’évaporation du lithium, Uyuni (Cecilia Mendoza)

Le marché de la batterie pour les voitures électriques serait le premier marché bénéficiaire de ce nouvel or blanc.

Plusieurs multinationales ont cherché à s’intéresser aux opportunités d’exploitation.

Cependant le gouvernement bolivien, en pleine restructuration et ne voulant pas répéter l’erreur du pillage des mines de Potosi, veut conserver le contrôle sur l’exploitation du lithium. La Gérance nationale des ressources évaporites (GNRE) est en charge de ce projet.

Partagée entre la problématique environnementale, l’exploitation du lithium pourrait détériorer l’éco-système du Salar d’Uyuni, et la manne financière que pourrait générer une telle activité, la municipalité d’Uyuni est pourtant favorable au projet.

Une usine pilote a d’ores et déjà été installée.

Cette ressource naturelle laisse entrevoir un réel espoir de développement pour le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Le gouvernement bolivien a toutefois montré des lacunes et un manque de compétences dans la gestion et l’exploitation de tels projets.

Face à une lenteur administrative et une concurrence de pays comme le Chili et l’Argentine (production de lithium), la Bolivie tarde à rentabiliser l’exploitation. Une production industrielle n’est pas prévue avant 2014. D’ici là, d’autres solutions alternatives au lithium auront peut-être été envisagées.

Par ailleurs, ce projet nécessite l’aménagement d’Uyuni. La construction de routes (goudron ou gravier), de logements et un meilleur accès à l’eau font partie des priorités de la ville.

Depuis le 11 juillet 2011, Uyuni dispose d’un nouvel aéroport permettant désormais d’accueillir des vols commerciaux domestiques mais également internationaux, essentiellement en provenance d’Amérique du Sud.

Cet investissement de 12 millions de dollars offre désormais une porte d’entrée internationale à la ville d’Uyuni.

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