Tokyo : pionnière du modèle métropolitain durable

Les caractéristiques urbaines démesurées de Tokyo font de la capitale nippone l’une des villes monde les plus influentes de la planète.

À l’échelle globale, son aire urbaine est la plus peuplée avec près de 37,4 millions d’habitants et elle concentre la plus grosse économie métropolitaine avec un PIB de US$1.9 trillion (chiffre de 2008) représentant 20% du PIB japonais, soit l’équivalent du PIB canadien.

Cette mégalopole est sujette aux tendances démographiques et problématiques urbaines mondiales comme le vieillissement de la population, la chute du taux de natalité, la congestion du trafic automobile, la pollution de l’air, l’accès au logement ou encore la pertinence des réseaux de transport.

Des phénomènes d’ordre naturel plus ou moins liés au dérèglement climatique dictent également le développement et l’organisation urbaine de Tokyo. Tremblements de terre, typhons, cyclones et tsunamis sont des menaces permanentes et étroitement surveillées par les autorités tokyoïtes et japonaises dans le but d’assurer la sécurité de la population.

Au cours de l’élaboration de son schéma directeur « Tokyo Metropolitan environmental Master Plan » en 2002, 5 ans après la signature du protocole de Kyoto, Tokyo a donc fait de la lutte contre le changement climatique une priorité.

Plusieurs études avaient montré que le dérèglement climatique, stigmatisé par une fréquence rapprochée de situations naturelles extrêmes provoquant des inondations, sécheresses et famines, se mesurait au quotidien.

Ces constatations ont réveillé l’instance politique entraînant une prise de conscience des pouvoirs locaux qui, par la suite, ont souligné le fait que ce phénomène naturel n’était plus une menace futuriste mais bel et bien un danger présent mettant en péril la vie des générations futures.

Afin de trouver des solutions durables pour le XXIe siècle, la métropole nippone a envisagé de devenir le modèle urbain mondial pionnier dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Typhon Tokyo

Lors d’un typhon

Ce bouleversement naturel est la conséquence indéniable de l’activité humaine sur la planète. Les gaz à effet de serre dégagés par l’industrie, l’agriculture et la population (trafic, logement, consommation) en sont les principales sources.

Suite à la mise en vigueur du protocole de Kyoto en 2005, Tokyo a mis en place, en 2006, une stratégie environnementale urbaine pour 2016  « Tokyo’s Big Change – The 10 year plan » au travers de son plan climat.

En 2008, les autorités locales ont révisé le schéma directeur de 2002 et maintenu leur volonté de faire de la capitale, un territoire à faible émission de CO2 et peu consommateur d’énergie.

Les objectifs sont restés inchangés :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25% par rapport à ceux de 2000 d’ici 2020.
  • Réduire la quantité de déchets mis en décharge de 55% par rapport au niveau de 2000 d’ici 2016.

Plusieurs solutions ont déjà été travaillées.

Les grandes entreprises ont été soumises à des lois et normes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, les collectivités formant l’aire urbaine de Tokyo ont dû s’engager à lutter contre le réchauffement climatique au travers de plans stratégiques urbains.

Chercheurs et professionnels s’efforcent de travailler sur de nouvelles sources d’économie d’énergie dans le domaine des logements et des équipements de la ville. Prôner le recours aux énergies renouvelables et propres ainsi que les circuits de recyclage sont des solutions déjà mises en place.

Cependant, le principal acteur pouvant agir contre le dérèglement climatique reste la population. Sensibiliser aux problèmes environnementaux et éduquer les habitants aux enjeux du développement durable permettront d’adopter des usages et comportements contribuant au rayonnement de la métropole.

Il est désormais indéniable que cette étape dans l’histoire de l’humanité marque l’avènement d’un nouveau modèle urbain dont Tokyo pourrait être la première métropole a en tiré profit.

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