Machu Picchu : Un chemin pas comme les autres

En compagnie de Luciana, mon amie d’Argentine, nous arrivons à Cuzco. Nous passons deux nuits en ville avant de partir pour une marche de cinq jours sur les traces des Incas.

La cordillère des Andes sera notre terrain de jeu pour les jours à venir. Je suis prévenu sur le mal des montagnes mais je ne sais toujours pas à quoi m’attendre et comment je réagirai à des altitudes variant entre 2000 et 4800 mètres.

Nous voilà en route, 7 autres marcheurs, un guide nommé Jesus ainsi que 3 porteurs avec leur âne nous accompagnent. Sur certains passages, la végétation est de type tropical ce qui me perturbe. Je suis plutôt habitué à voir des forêts de conifères à une telle altitude.

Les porteurs m’épatent. Malgré des températures basses et un chemin très irrégulier (boue, caillasse, herbe glissante), ils ne sont chaussés que de sandales en plastique. Ces mecs-là doivent être nés avec trois poumons. Ils ne semblent pas souffrir du mal des montagnes et avancent à une allure soutenue. Ils nous devancent en permanence d’une heure ou deux. À notre arrivée, le dîner est toujours prêt.

D’incroyables paysages s’offrent à nous. Quelques villages parsèment notre chemin. Des locaux ont installé des cabanes sur la route. Ils y vendent du Coca-Cola bien sûr et des Yémé Yémé alias les M&M’s. Ça me fait toujours rigoler quand j’en achète.

Machu Picchu se réveillant dans la brume

Machu Picchu se réveillant dans la brume (photo par will-on-board)

Hors de question pour moi de succomber à l’appel de la boisson gazeuse (Coca-Cola), je veux la jouer local jusqu’au bout. Comme le guide,  je mâche de la feuille de coca et je m’essaie au cidre local : la “chicha”.

La feuille de coca, accompagnée d’une pâte à mâcher, sert de coupe faim pour les paysans.  Ça n’a strictement aucun goût et en abuser vous pourrit les dents.

L’eau n’est pas toujours fiable au Pérou et je pense que je suis en train d’en faire les frais. La chicha, préparée de façon un peu trop locale pour moi (eau de source, seau sale), me retourne le bide.

La marche est éprouvante mais tellement prenante. Le plus étonnant, ce sont ces habitations éloignées de tout. Nous passons une école et une clinique. La population semble parfaitement adaptée à ces conditions de vie.

Les nuits dans la tente sont froides et souvent humides. Mon pancho ne me suffit plus pour me réchauffer.

Nous arrivons sur la voie de chemin de fer menant à Aguas Calientes, dernier village avant le site du Machu Picchu. Nous la suivons. Nous sommes proches.

Nous y sommes. L’industrie touristique a pris le pouvoir. Restaurants, boutiques, agences de voyage et hôtels sont omniprésents. C’est déroutant après une marche coupée du monde.

Cependant, la douche me fait un très grand bien après cinq jours sans commodité. Nous passons la nuit à l’hôtel.

Nous nous levons aux aurores pour nous rendre au Machu Picchu. Nous entamons notre dernière ascension. Trente minutes me suffisent pour rejoindre le sommet, l’adrénaline peut-être.

Dernière ligne droite, la récompense est presque palpable. Tous ces efforts pour enfin découvrir ce que nous sommes tous venus chercher. Ce merveilleux spectacle du Machu Picchu se réveillant dans la brume au milieu de cette forêt dense et humide.

J’y suis. Tout est calme autour de moi. Machu Picchu m’offre une expérience unique. Je reste sans voix.

À vous