Un Tokyo, des styles

Harajuku, Tokyo

S’il y a une ville au monde dont le style est inclassable c’est bien Tokyo. Nulle part ailleurs vous ne croiserez une telle liberté vestimentaire.

Plusieurs quartiers sont connus pour leur intérêt fashion, chacun avec sa singularité. Ginzha abrite les boutiques des grandes enseignes de luxe internationales et les consommateurs qui vont avec, Shibuya est destiné à la jeunesse 2.0 surconnectée, mais celui qui représente probablement le meilleur du streetstyle tokyoïte est Harajuku.

Situé proche du sanctuaire shintoïste Meiji-jingu, le quartier d’Harajuku est littéralement pris d’assaut dès la fin de semaine par la jeunesse qui en profite pour mettre de côté ses habituels uniformes et laisser libre cours à son propre style.

Ce qui peut surprendre et à la fois laisser envieux, c’est l’apparente facilité qu’ont les jeunes à arpenter les rues avec cette identité vestimentaire, sans croiser de regards curieux ou réprobateurs. Attitude presque impensable en France, où tout m’a paru si figé et dicté en comparaison. Nous sommes tellement sérieux avec la mode! Et c’est précisément ce contraste qui m’a plu. Les Japonais savent jouer avec le style, s’approprier une tendance, la rendre très personnelle en usant de décalages improbables mais qui marchent!

Couple tendance à Harajuku, Tokyo

Couple tendance à Harajuku (photo par B. Hervé)

Ainsi on croise de tout! Et chaque style est extrêmement bien codifié, avec des courants allant du Sweet Lolita, en passant par le Cyber, jusqu’au Bosozoku.

Pour ne citer qu’un exemple, au sein même de la tendance Lolita se déclinent des sous-catégories selon l’influence reçue. Et pour cause les influences sont multiples : cinéma, enfance rose bonbon, futur, mouvements punk ou gothique, pour ne donner que quelques références. L’imagination déployée par chacun donne vie à un balai fascinant où la distinction est de rigueur ce qui attire inéluctablement l’œil des photographes spécialisés.

Je me suis prêtée au jeu, appareil photo en main, en tentant de saisir l’essence du streetstyle japonais, qui avec le recul, n’est pas si facile à appréhender. L’influence des podiums occidentaux est également bien présente et je pense qu’au final c’est ce joyeux mélange de folie nippone et de tendances sorties des magazines qui caractérise le mieux la mode que l’on croise à Tokyo.

Et bien que j’avais en tête de ne croiser qu’une mode féminine excentrique, la réalité est tout autre. Les hommes font aussi partie de ce désir d’affirmation de soi par le style. Cela se ressent par le nombre de boutiques qui leur sont dédiées.

Je ne mâche pas mes mots lorsque j’affirme que l’observation de la faune de Harajuku constitue une activité à part entière.

Les modeuses et modeux japonais n’ont décidément rien à nous envier!

À vous